Selon une étude TNS-Sofres pour ING Direct, la proportion des Français utilisant leur smartphone pour effectuer des opérations bancaires serait de l’ordre de 67%. Cette étude date déjà d’un an, on peut donc imaginer, sans trop s’avancer, que cette proportion a encore augmenté. La banque « Soon » l’a bien compris et se distingue des autres banques par un positionnement 100% mobile, y compris sur la souscription : pour preuve, il est tout simplement impossible de souscrire sans mobile. Raphael Krivine, Directeur du projet Soon, nous explique quelle est la genèse de ce projet, comment l’équipe a intégré une logique start-up et comment Soon gagne de l’argent.

Soon, une banque 100% mobile – interview

Stéphane Maltor : Pouvez-vous vous présenter et préciser votre rôle chez Soon ?

Raphael Krivine : « Raphael Krivine, j’aime bien me définir comme un « intrapreneur dans le domaine des services financiers à distance » . J’ai fait parti de l’équipe du démarrage de Boursorama (quand cela s’appelait encore Fimatex), j’étais dans la première équipe dirigeante d’ING Direct France et, aujourd’hui, je lance Soon, marque d’AXA Banque,en tant que directeur opérationnel. Je dispose donc d’une grande expérience en banque à distance et relation client. »

Raphael Krivine directeur de projet Soon 

Qu’est-ce que Soon et quelles en sont les principales fonctionnalités ?

Raphael Krivine : « Avec Soon, on a vraiment voulu réinventer la banque au quotidien ainsi que la relation avec son argent. Evidemment et modestement, nous sommes au début d’une histoire. Nous sommes partis du principe que beaucoup de banques faisaient du digital mais d’une manière un peu linéaire : prenez l’exemple du relevé de banque papier qu’on a retrouvé ensuite sur le web en pdf. Aujourd’hui, nous sommes toujours en mobilité avec un smartphone à la main : nous sommes donc partis des nouveaux usages liés au smartphone. L’idée était de mixer la banque au quotidien et ces nouveaux usages dans une logique start-up. Concernant les fonctionnalités, il faut dire que la banque au quotidien se marie de manière fantastique avec le smartphone. Utiliser son smartphone, c’est un geste simple et rapide, dans les temps morts par exemple. C’est aussi le point de contact le plus personnel qu’on puisse avoir avec sa banque. Aussi, nous proposons le « reste à dépenser » : on réinvente le principe de « solde », en ajoutant au solde classique les prélèvements futurs, les dépenses qu’on peut anticiper, l’argent qu’on veut mettre de côté pour les projets à venir. De même, un relevé de compte peut être enrichi et devenir une véritable timeline, qui peut être enrichie en joignant l’utile à l’agréable par l’intermédiaire d’une photo de la garantie de mon achat, par exemple. Celle-ci sera donc beaucoup plus simple à retrouver. Vous pourrez aussi rattacher automatiquement les factures à vos dépenses, que ce soit EDF ou les plus petits facturiers. Pour classer vos dépenses, vous pourrez ajouter un commentaire avec l’utilisation d’un hashtag. Dans le même ordre d’idée, vous pourrez ajouter un smiley pour définir une humeur. Grâce à la catégorisation automatique de mes dépenses, je peux ainsi gérer plus facilement mes budgets. Par exemple, je peux aisément suivre mon budget alimentation.

Un autre usage important de la banque au quotidien, c’est le virement. Nous avons donc pensé au peer to peer. Par exemple, nous déjeunons entre amis et vous m’avancez la somme que je dois. Pour vous rembourser, la solution plus simple que de demander votre RIB et de vous faire un virement, c’est tout simplement Paypal. Nous sommes la première banque en France à s’associer avec Paypal. SOON a été conçu dans une logique « mobile first ». Cet angle 100% mobile a été intégré dès le début du projet avec l’intégration d’un designer mobile dans l’équipe de démarrage. A titre d’exemple, la souscription elle-même ne peut se faire que sur son smartphone. »

Comment avez-vous intégré le mode start up ?

Raphael Krivine : « Concrètement, nous sommes dans une période d’innovation forte avec énormément d’incertitudes : tout bouge très vite. Quand l’incertitude est importante, partir en mode projet classique sur ce type d’aventure ne nous paraissait pas être la bonne solution. Notre équipe était composée d’un groupe pluri disciplinaire en mode commando avec l’envie de se confronter rapidement au marché, sans faire d’études quanti et quali, par exemple. La première confrontation a eu lieu en juin avec la diffusion d’une vidéo sur le projet. »

Où en êtes vous quant au lancement ?

Raphael Krivine : « Ce n’est pas vraiment traditionnel dans les banques mais nous souhaitons prendre notre temps. Nous avons ouvert au printemps dernier une liste d’attente. Depuis la semaine dernière, nous commençons à inviter à souscrire à SOON les personnes inscrites sur cette liste, dans une logique « premiers inscrits… premiers servis ». Les personnes qui ne sont pas encore inscrites peuvent le faire sur notre site http://soon.fr. Leur tour viendra… very soon. Evidemment, nous intégrons les feedbacks des utilisateurs pour optimiser l’offre. »

 la timeline des dépenses de Soon

0€ pour la plupart des opérations courantes. Quel est le business model derrière Soon ?

Raphael Krivine : « D’une part, nous évitons toutes les fioritures et nous maitrisons nos coûts. Vous ne verrez pas de campagne TV sur Soon. D’autre part, nous faisons travailler l’argent déposé sur les comptes, percevons les commissions interbancaires liées à l’utilisation par les clients de leurs cartes SOON. Enfin, c’est aussi un produit d’appel pour ensuite proposer plus de services. »

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